La France des droits de l’homme?

Même de l’autre côté de l’Atlantique, le débat  qui agite, secoue, ébranle la société française ne m’auront pas échappé. Alors bon j’ai envie d’y mettre mon grain de sel et surtout d’en parler.

Qu’on le veille ou non les couples homosexuels ainsi que les familles homoparentales existent EN France. Ils sont déjà une réalité depuis des décennies et la loi sur le mariage pour les couples de même sexe n’invente et ne crée rien, elle ne fait que légaliser des situations que les vides juridiques rendent parfois difficiles.

Et les enfants? Ils vont bien merci.
C’est intéressant de voir la renaissance et la réutilisation des théories freudiennes que par ailleurs tout le monde poignarde dans le dos. Assez entendu parlé du mal être des enfants de couples homosexuels par des personnes qui n ‘en sont pas et qui ne font que fantasmer dessus. Écoutons les témoignages de ces enfants, devenus grands, pour connaitre leur réalité.

Le 20 décembre dernier ils ont été écouté à l’Assemblée nationale par les députes. Précisons ils étaient une dizaine pas plus venus écouter ces témoignages, ce qui démontre l’ouverture et l’écoute des députés actuels. Ces témoignages se retrouvent ici et sont une belle histoire de vie. Après avoir vu cette vidéo il est encore extrêmement difficile de trouver des arguments sont le mariage homosexuel. Et les enfants de ces familles homoparentales le disent eux-même: arrêtez de les instrumentaliser pur cacher votre propre homophobie.

De plus les voisins européens nous regardent et s’étonnent: la France des droits de l’homme, la France de la laicité, la France la liberté et de l’égalité aux prises avec un débat qui en Hollande et en Espagne n’ont pas fait de vague??

Peut être la France a-t-elle quelques lecons à prendre du côté d’Amsterdam: Après douze ans de mariage gay en Hollande, leur civilisation existe toujours ;)

Laissez moi vous parler d’un pays, dont je suis tombée amoureuse

« La Bolivie est un pays pauvre. » : FAUX

La Bolivie est certes économiquement fragile et pauvre, mais cela n’a que peu de sens, de juger un pays à travers son PIB. Bon l’IDH de la Bolivie n’est pas top non plus: avec un score de 0,663 la Bolivie se retrouve classée 108ème en terme de développement humain. Cependant les campagnes d’alphabétisation (qui tournent en boucle à la radio) gagnent du terrain car 90,7% des 15ans et plus on appris à lire et à écrire.

Mais laissons ces indicateurs et tout ce blabla politique. Ce dont je voudrais vous parler c’est de l’humain, du culturel, de solidarité. Oui la Bolivie est un pays riche, riche de ses 36 langues (pas une blague, elles ont toutes été reconnues dans la constitution), de ses coutumes, de ses savoir- faires, de ses ressources naturelles. Mais surtout riche d’humains.

Parlez-moi de la Bolivie, je vous en conterai la solidarité. Et celle-ci commence dans la rue. À tous les feux rouges, vendeurs ambulants, artistes de rues et laveurs de pare-brise tentent leur chance. Et ce avec plus de succès qu’en France. Ils ne perçoivent pas grand chose mais les chauffeurs de taxi, minibus et voitures privées sont souvent enclin à donner un petit quelque chose. Ils semblent savoir trop bien ce que c’est que d’avoir peu pour laisser quelqu’un sans rien.

Cette solidarité sous-jacente de la société bolivienne remplace les programmes sociaux encore trop peu nombreux.  » De toutes facons, c’est bien simple, de système de santé il n’y en a pas. » nous expliquait notre prof d’espagnol. Puisqu’on ne peut pas se reposer sur l’État, c’est la famille qui joue le rôle de filet de sécurité. D’où l’importance prépondérante de la famille dans la société. Les jeunes restent très tard sous le toit familial et parfois ne le quittent que pour se marier. Et cette solidarité va au delà du cercle familial. Une fois passé l’inconnu de la figure blanche, on est rapidement accueilli et protégé. Surtout lorsqu’on est une petite nénette européenne de 20 ans.

De plus la Bolivie innove dans des domaines où la France et l’Allemagne ont depuis longtemps échoué par manque de volonté: l’intégration sociale. Et pas une intégration à l’européenne où la majorité bouffe la minorité, non non non. Une intégration qui respecte les différentes cultures (et croyez moi, avec autant d’ethnies différentes, il y a du boulot!), une intégration qui ne cherche pas UNE solution pour UN pays mais DES solutions pour DES nations.

Alors la Bolivie peut faire pâle figure en terme de compétitivité et de développement économique, mais elle a beaucoup à enseigner sur comment vivre ensemble.

Comment ont grandi les enfants du traité de l’Elysée.

Mon cher Ami

Jusqu’en Bolivie on ne l’aura pas raté: le 22 janvier est un jour particulier. Bon pour d’autres motifs, aujourd’hui c’est férié en Bolivie car c’est l’anniversaire du jeune État plurinational.
Mais aussi autarc que le pays soit, les cultures brisent les frontières. C’est ainsi que dans un boîte de reggae à La Paz on a pu danser sur Seeed et Peter Fox.
Mine de rien beaucoup de Boliviens parlent allemand ou francais et ce pour des raisons différentes (certains pour pouvoir lire les philosophes allemands en langue originale, bonne chance!; d’autres rêvent de l’Europe, …)

Mais qu’est ce l’Europe d’aujourd’hui? Comment ont grandi les enfants du traité de l’Élysée?

Bien qu’il faille toujours faire face aux préjugés des deux côtés de la frontière, qu’on le veuille ou non, des enfants du traité de l’Élysée nous en sommes tous. Et cela passe par les échanges culturels très particuliers qui se sont installés petit à petit entre les deux peuples.
Au collège et au lycée déjà, les germanistes sont plus en vadrouille que les autres car les échanges scolaires ont trouvé leur place comme ciment d’une culture commune, alors que les échanges scolaires avec l’Espagne ou l’Angleterre rament encore.
Ce sont aussi les marchés de Noël, qui aujourd’hui se sont internationalisés mais il y a quelques années on n’y trouvait que nos copains allemands. Beaucoup se réjouissaient au moment de Noël de pouvoir aller manger un bon bretzel accompagné d’un vin chaud.
Les arts ont aussi contribué de manière foudroyante à ce rapprochement: cela hérissera les poils de certains mais Tokio Hotel a été pour bon nombre de jeunes filles (et peut être jeunes garcons) une passerelle vers l’Allemagne.

Alors quand j’entends encore quelqu’un me dire « nazisme » ou « froid polaire » quand je dis « Allemagne », je ne veux plus m’énerver, j’ai juste envie de rire. Envie de rire de la bêtise de certains ou pleurer leur ignorance.
Et de l’autre côté de la frontière, j’entends encore les gens me dire, que les Francais sont arrogants car ils ne veulent parler que français. Certes, mais seulement ceux de l’époque de de Gaulle. Mais de Gaulle est mort et beaucoup de choses ont changé. Même s’il manque toujours une réforme consistante de l’éducation en matière de langues, aujourd’hui beaucoup de jeunes Francais parlent anglais, espagnol, italien ou allemand, lorsqu’ils ne sont pas tombés amoureux du japonais ou du chinois. Certes ils le parlent avec cet accent français mondialement connu mais ils se font comprendre.

Être jeune européen en 2013, c’est ne plus savoir quand on passe une frontière, mise à part la sonnerie de notre téléphone portable, qui nous explique qu’on a changé de réseau. C’est sortir de son pays et s’apercevoir, que malgré quelques différences culturelles, on est finalement tous les mêmes. C’est sortir de nos clichés trimbalés par des années de ressassement de l’histoire, d’autarcie culturelle, d’indifférence des peuples pour enfin aller de l’avant et apprendre des autres, ce qui nous manque chez nous. C’est aussi cesser de penser en terme de « moi, mon pays, ma nation » mais plutôt « nous, nos pays, nos nations, notre futur ». C’est savoir faire la part au sein de notre identité, ce qui nous défini réellement de ce qui n’est qu’un héritage usé et mal à propos et ce grâce aux regards extérieurs et à la connaissance de la différence.

Arte, dans son questionnaire « l’Allemagne, la France et vous », posait la question:
« Avez-vous déjà eu une aventure avec un Allemand? »  Oui et une des plus belles…

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Abuela Grillo contre les multinationales

Abuelo Grillo est un dessin animé de 10 minutes adapté d’un mythe Ayoreo (peuple réparti entre le Paraguay et la Bolivie). Il se déroule à La Paz et dans ses alentours, Abuela Grillo passe par la Cumbre et le fameuse route de la mort qui mène de La Paz à Coroico. Quand Abuela chante, elle fait tomber la pluie.

D’une part il est une fenêtre sur la musique bolivienne (Luzmila Carpio, chanteuse folklorique bolivienne indigène qui fut pendant quatre ambassadrice de Bolivie en France),  sur La Paz (les rues verticales, les autobus bleus, les marchés et les petites tiendas au coin des rues).

Mais c’est aussi un message politique à plusieurs interpretations. Il est à la fois la représentation de la lutte des peuples indigènes contre la mercantilisation de l’eau, mais aussi plus général la lutte d’un peuple (de peuples) contre l’exploitation mercantile de ses ressources naturelles. Il explique enfin l’incroyable popularité d’Evo Morales: dans les années 90, les entreprises nationales furent peu à peu privatisées afin de favoriser l’emploi. Tout fut vendu à des investisseurs étrangers. Les Boliviens se sont peu à peu rendu compte que cela n’apportait rien de bon car il n’y avait pas plus d’emploi créés et le gaz, l’électricité devenaient plus chers. Lorsqu’en 2005 Evo Morales arrive au pouvoir, il lance une vague de re-nationalisations et reprend aux étrangers ce qui appartenait aux Boliviens.

C’est un projet boliviano-danois, qui a le mérite d’être aussi beau que narratif.

Abuela Grillo

¿Yo soy gringa y qué?

« La Bolivie ne peut se concevoir sans indigénisme, sans nationalisme, sans autonomie ni sans xénophobie » disait Romano Paz, lors d’une des conférences données par l’institution dans laquelle je travaille.

En effet, la Bolivie sans xénophobie, on a du mal à imaginer. Ici je me suis découvert une nouvelle nationalité, une nouvelle appartenance: pour beaucoup je suis une gringa. Les gringos sont les étrangers, plus spécifiquement les étasuniens mais de facon généralisée, comme la nationalité de quelqu’un saute difficilement aux yeux, tous les étrangers sont des gringos. Et comme en Europe et aux États-Unis, tout le monde a beaucoup d’argent et bien les Boliviens font tarifs doubles aux gringos. Quand on est un voyageur de passage on ne s’en rend peut etre pas compte car on ne connait pas les tarifs normaux mais quand on vit là cela devient rapidement agacant.

Vous me direz, de quoi se plaint-elle? De toutes facons la Bolivie est un pays réellement peut cher, c’est pas si mal d’aider ces pauvres gens et meme en payant le double du prix on paye toujours moins cher qu’en Europe. Oui mais non. C’est aussi la meilleure facon de faire grimper les prix, de creuser le fossé de la discrimination,  de créer des classes de clients entre ceux qui paieront le triple et ceux qui ne peuvent pas se le permettre etc. Et puis qui dit que tous les étrangers ont de l’argent?

Et puis si ce n’était qu’une histoire d’argent. Non dans tous les domaines de la vie courante, le gringo c’est le bon con. Celui à qui on refile de faux billets, à qui on passe devant dans la queue du cinéma ou du bus. Le vrai bon con. Et quand on fait la réflexion « pardon j’étais là avant », l’effronté se dit « mais je suis chez moi! ». La question n’est pas de savoir chez qui on est, c’est simplement une question de respect humain.

Si la xénophobie n’est pas née avec Evo Morales – président de la Bolivie depuis 2005 et premier président indigène ou plutot indigéniste – celle-ci a été exarcerbée sous ses mandats consécutifs. Je ne dis pas, il a réussi un tour de force historique: l’intégration de populations auparavant exclues, les indigènes. Un double tour de force dirais-je: l’intégration des indigènes et l’exclusion d’autres portions de la population.
Evo Morales est un réel freestyler et est connu pour ses déclarations très scientifiques: ses conseillers auront beau lui préparer ses discours, il n’en dira pas un mot. Ainsi lors de ses apparations publiques, on apprend des vérités jusque là occultées: la consommation d’OGM serait la cause de la calvicie généralisée des Européens; il serait néfaste pour la santé de manger des poulets élevés aux hormones car la consommation d’hormones causerait l’homosexualité. De plus aujourd’hui maintenir des relations avec l’ambassade des Etats Unis en Bolivie c’est comme un « caca » et laperte de l’accès à la mer au profit du Chili il y a plus d’un siècle est la cause du sous-développement économique du pays, le gouvernement Bolivien est pret à déclarer la guerre.

La xénophobie en Bolivie n’est donc pas seulement cuturelle, elle est aussi une arme politique. Les étrangers et les homosexuels ont bon dos, ce sont eux la cause de tous les maux de la nation. Evo Morales a meme décidé l’expulsion de l’ambassadeur des Etats Unis d’ici la fin de l’année.

Il y a des jours marrants.

Aujourd’hui, nous sommes le mercredi 21 novembre et il n’y a pas un chat dans la rue. Toutes les boutiques sont fermées, hier soir s’alignaient les retardataires dans les files de supermarchés faisant des provisions pour ce jour, maintenant tout le monde est confiné chez soi.

L’apocalypse me demanderez-vous? Non juste le recensement.

Le recense-QUOI? Oui le recensement, censo nacional, volkszählung, vous savez ce que tous les petits Français doivent faire à l’âge de seize ans: aller se déclarer à la mairie.

Et bien en Bolivie cela fonctionne autrement: tous les 5 ou 10 ans, la population est immobilisée chez elle, personne n’a le droit de sortir dans la rue de toute la journée et les agents de l’institut de statistique passent d’appartement en appartement en posent des questions sur tous types de sujets: avez-vous une radio? Est ce qu’une personne aveugle ou sourde vit avec vous? Quelle est la première langue que vous avez appris dans votre enfance? Dans quel pays avez-vous vécu ces cinq dernières années? Quand vous êtes malade, aller vous chez un médecin privé, dans un centre de l’État, à la pharmacie? Avez-vous travaillé la semaine dernière?

 

Il y a des jours marrants. dscf1600

Ce matin les recenseurs sont donc venus chez moi vers 10:30. Étonnée, j’ouvre la porte à des jeunes filles qui doivent être entre la fin du lycée et le début de l’université. Elles nous posent – à mes colocs et à moi -  leur catalogue de questions et repartent. C’est un jour très agréable car aucun véhicule ne circule. Pas de bruit de moteur, pas de klaxons, pas de cris. Au soleil dans le silence sur mon balcon, le rêve.

Ce jour observe des règles bien précises: en plus de l’interdiction de sortir dans la rue (comment compter les gens s’ils se baladent tout le temps?) la veille et le jour même il est interdit d’acheter et de consommer de l’alcool (cette règle est aussi valable pour  le jour des élections), la veille au soir à partir de 11h les taxis ne circulaient plus car à minuit la police bloquait les routes. Quant à moi, pour une fois que j’ai beaucoup de temps, j’avais décidé de faire une mousse au chocolat et pour cela il fallait passer au supermarché car je n’avais rien chez moi pour la faire. Aux caisses une queue incroyable, dans les rayons des gens partout et des achats tout à fait essentiels: une brosse à dent par là, un shampoing par ici, des fruits de ce côté, du pain, de la farine … pour un jour. Et les gens se questionnent les uns les autres « Hé tu vas faire quoi toi demain? Tu vas dormir toute la journée? »

Bref dans cette euphorie générale, je me suis aussi demandée si le lendemain je ne regretterais pas de ne pas avoir de Coca Quina (un type de Coca bolivien) ou de jus de fruit, ou alors si je n’aurais pas besoin de lait et de légumes.
Non non c’est stupide, je me dirige vers les caisses et dans la file me marre avec une vieille dame: qu’est ce que ça va être le 21 décembre, le jour de la fin du calendrier maya?




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